Avec le développement de la culture du café, puis de la canne à sucre, un fort courant d’importation d’esclaves se met en place.
Au début du XVIIIe siècle, pas moins de 1 500 esclaves arrivent chaque année sur l’île. En 1763, l’île compte alors 22 000 personnes, dont 18 000 esclaves.
Alors que le décret Schoelcher d’abolition de l’esclavage est pris à Paris le 27 avril 1848, la nouvelle met quelque temps à atteindre les différentes colonies françaises et certains colons, émettent une résistance à son application. Ainsi, à La Réunion, il faudra attendre Sarda Garriga, le 20 décembre 1848, pour qu’elle soit effective. À cette époque, l’île de La Réunion compte environ 100 000 habitants, dont 60 000 esclaves.
Depuis 1981, le 20 décembre est officiellement un jour férié à La Réunion et probablement l’un des moments les plus fédérateurs de l’île.
Le 20 décembre est célébré par toute la population de l’île.
Celle qu’on appelle aussi la fête Kaf n’est en effet pas uniquement réservée aux « Cafres », à savoir les descendants d’esclaves africains. Au contraire.
Ce jour est un symbole et une occasion pour toute la population de s’unir et de rassembler autour d’un héritage partagé et de célébrer la liberté, la tolérance, le métissage… socle du précieux vivre-ensemble réunionnais.
Ainsi, dans chaque commune de l’Ouest, de nombreuses animations sont proposées dans les rues : défilés et spectacles, concerts, chants et danses traditionnels, repas partage... mais aussi dans les lieux culturels et de mémoire comme le Musée Villèle à Saint-Gilles-Les-Hauts ou encore le Parc du 20 décembre à Saint-Leu.
Le 20 décembre est également l’occasion de (re)découvrir le moringue, sport de combat réunionnais autrefois pratiqué par les esclaves dans les champs de cannes à sucre. Un art mêlant musique, percussion, lutte et danse… Une tradition qui a d’ailleurs failli disparaître, tout comme le Maloya, suite à son interdiction en 1948 par la France.
La liberté et l’identité réunionnaise se fêtent depuis toujours en musique sur l’île.
Ainsi, le 20 décembre, le Maloya résonne aux quatre coins de La Réunion à l’occasion des nombreux Kabars gratuits (type de fête qui rassemble de la musique, de la danse, du chant…).
Chaque année, Danyèl Waro, le célèbre musicien, chanteur et compositeur à l’origine notamment du renouveau du Maloya et véritable figure locale, organise d’ailleurs un grand Kabar, à la Saline les Hauts, sur les hauteurs de Saint-Paul (Kaz Kabar). Un moment d’émotion pour la centaine de Réunionnais qui viennent pour l’occasion échanger, danser, chanter et partager un repas créole convivial sur des terres empreintes d’un héritage culturel fort.
Inscrit depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le Maloya est à la fois un chant, une danse et une musique. Autorisée uniquement depuis 1982, cette musique métissée tire son origine des camps d'esclaves ou elle était jouée dans l’obscurité, mêlant chants et danse de complainte, de souffrance, mais aussi d’espoir.
Au rythme d’instruments traditionnels (roulèr, kayamb, pikèr…), le Maloya continue de faire résonner l’histoire de La Réunion et plus particulièrement le 20 décembre. Il est une occasion unique de se rassembler et de célébrer la liberté, en musique.
Une publication partagée par Tourisme Ouest Réunion (@tourismeouestreunion) le 7 Juil. 2019 à 8 :05 PDT
Texte et photos : HAPPEI
Images libres de droits :
Danyel Waro - Wikipédia
Sarda Garriga - Wikipédia
Sources : Slate, CG 974, Hérodote, reunionmonamour
Instruments : Zan Lik Instrument au marché artisanal de Saint-Leu